L'édito Ouvrage 010

 

Des idées d'agencement pour un deux-pièces mal distribué ?

Le problème vient presque toujours d'une entrée mal exploitée, d'une cuisine fermée ou d'une chambre traversante. Avant d'envisager une ouverture, il faut vérifier si les murs concernés sont porteurs. Une entrée trop généreuse peut souvent être transformée en rangement fermé pour libérer de la place ailleurs. Il vaut mieux éviter de déplacer les points d'eau, coûteux à modifier, et retravailler plutôt la distribution autour d'eux. Le plus important reste d'adapter la distribution à l'usage réel des habitants, plutôt qu'à un plan jugé « standard »

Comment gagner de la lumière dans un appartement sombre ?

Souvent, la lumière existe déjà mais circule mal. Décloisonner entre les fenêtres et le reste du logement permet de la faire circuler plus loin. Les cloisons vitrées ou les verrières sont préférables aux cloisons pleines lorsqu'une séparation reste nécessaire. Des teintes claires et des matériaux réfléchissants, placés face aux fenêtres, renforcent aussi la luminosité, tout comme la rénovation de menuiseries anciennes obstruées. Enfin, un miroir placé dans l'axe d'une fenêtre démultiplie la lumière naturelle bien plus efficacement qu'un miroir posé face à un mur.

 

Installer une clim à Paris sans réchauffer l'atmosphère : la clim à eau

Une climatisation classique rejette de l'air chaud à l'extérieur. La clim à eau fonctionne différemment : elle fait circuler de l'eau glacée dans le logement via des ventilo-convecteurs, ce qui évacue la chaleur de façon bien plus diffuse. Ses unités extérieures sont plus discrètes et donc mieux acceptées en copropriété. Ce système se planifie idéalement dès une rénovation, car il s'intègre au réseau du logement. Son coût d'installation est plus élevé qu'une clim classique, mais il est souvent réversible et peut aussi servir au chauffage l'hiver. Une autorisation de copropriété reste néanmoins toujours nécessaire. Se faire accompagner dès la conception permet d'intégrer ce système au plan du logement, plutôt que de le subir comme une contrainte ajoutée après coup.

 

EN LIGNE DE MIRE - ASCO

Ce mois-ci, nous vous emmenons dans une maison de 200 m², à la croisée entre campagne et ville. Le projet Asco s'appuie sur un plan existant conservé, mais réinvente entièrement son atmosphère à travers une écriture organique et lumineuse, où les courbes dialoguent avec des matières brutes et des finitions plus sophistiquées.

Le bois y est omniprésent, notamment dans une cuisine pensée comme un volume enveloppant et chaleureux, aux côtés de la pierre claire, du béton ciré, de la terre cuite et de carrelages aux rythmes changeants. Les textures s'assument, parfois contrastées entre murs et plafonds, pour donner de la profondeur à chaque pièce.

La lumière naturelle est traitée comme un véritable matériau de projet. Verrières, vitraux et hublots jouent avec la transparence, tandis que les ouvertures se transforment en supports de couleur, dans un esprit qui n'est pas sans rappeler Luis Barragán : du vert, de l'orange, du rose pastel, en aplats, en dégradés ou en soubassements. Les contrastes ne sont jamais gommés — une touche de noir, un joint coloré ou une frise graphique viennent structurer l'espace avec caractère.

Cette ambiance se prolonge jusqu'au jardin, entre mobilier en osier tressé, serre vitrée et patio caché aux accents colorés. Le résultat compose un univers cohérent où le brut dialogue avec le contemporain, pour un lieu chaleureux, singulier et profondément habité.

 

L’expo à ne pas manquer

Direction le Grand Palais pour découvrir Les peintures du Temple, premier grand hommage rendu en France à Hilma af Klint, artiste suédoise longtemps restée dans l'ombre.

Dès 1906, bien avant Kandinsky ou Malevitch, af Klint peint déjà des compositions abstraites : spirales, symboles, aplats de couleurs vives et formats monumentaux, dont l'impressionnante série des Dix plus grands, hautes de plus de trois mètres. Un travail réalisé en secret, nourri de spiritisme et de théosophie, qu'elle a choisi de ne dévoiler qu'après sa mort.

Réunies pour la première fois en France — et peut-être la dernière —, ces œuvres se vivent avant tout comme une expérience sensible : une peinture pensée pour être ressentie plus que décodée, portée par une histoire aussi mystérieuse que le geste qui l'a créée.

Hilma af Klint, Les peintures du Temple (1906-1915) – Grand Palais, Paris. Jusqu'au 30 août 2026.

 

Portrait : Lola, en

graphisme -communication

Depuis septembre 2025, Lola partage son temps entre les cours et l'agence, en stage alterné graphisme-communication chez Ouvrage.

Ce qui la touche dans le graphisme, c'est ce moment précis où une intention devient une forme. Traduire une identité en quelques traits, donner un visage visuel à ce qui n'était encore qu'une idée, accompagner au quotidien la parole de l'agence : c'est dans cet aller-retour entre liberté créative et exigence du réel qu'elle trouve du sens à ce qu'elle fait.

L'équipe Mesetys