L'édito Ouvrage 012

Rénover à Paris : combien ça coûte vraiment ?

Rénover un appartement à Paris, c’est souvent un projet qui commence par une envie — ouvrir la cuisine, gagner une chambre, retrouver les moulures cachées sous trois couches de peinture — et qui finit par une question beaucoup plus concrète : combien ça va coûter ?

Combien coûte une rénovation complète à Paris ?

Il n’existe évidemment pas de tarif unique au m². Tout dépend de l’état de l’appartement, de la complexité du projet et du niveau de finition souhaité.

Pour une rénovation complète, on peut aujourd’hui partir sur une enveloppe d’environ 1 200 à 2 000 € TTC/m² de travaux, avec des projets plus complexes qui peuvent largement dépasser cette fourchette.

Pour un appartement de 60 m², cela représente donc environ 72 000 à 120 000 € de travaux.

Mais attention : ce budget ne comprend pas nécessairement les honoraires de l’architecte d’intérieur, ni le mobilier et la décoration.

Et surtout, le prix au m² reste un indicateur. Un appartement de 60 m² dont on conserve la distribution n’aura évidemment pas le même budget qu’un 60 m² dans lequel on déplace la cuisine, les salles d’eau et l’ensemble des réseaux.

Le bon budget est donc celui qui est construit à partir du projet, pas seulement de la surface.

Quel est le prix d’un architecte d’intérieur à Paris ?

Là encore, plusieurs modèles existent : forfait, prix au m² ou pourcentage du montant des travaux.

Pour une mission comprenant la conception et le suivi de chantier, les honoraires peuvent généralement représenter 13 à 20 % HT du montant des travaux, selon la taille et la complexité du projet.

Et ce que l’on paie n’est pas simplement un plan ou une jolie sélection de matériaux.

C’est du temps, de l’expertise et surtout des décisions : optimiser les espaces, anticiper les contraintes, consulter les entreprises, comparer les devis, coordonner les différents intervenants et suivre le chantier.

Autrement dit : on ne paie pas seulement quelqu’un pour imaginer le projet, mais pour éviter que le projet parte dans tous les sens.

Est-ce rentable de faire appel à une agence ?

La réponse dépend surtout du projet. Pour quelques peintures et un changement de sol, probablement pas.

Pour un appartement parisien entièrement à refaire, avec une nouvelle distribution, des rangements sur mesure, une cuisine, des salles de bain et plusieurs corps de métier à coordonner, la question se pose différemment.

Une agence peut permettre de mieux répartir le budget, d’anticiper les problèmes et surtout d’éviter certaines erreurs qui coûtent cher une fois le chantier lancé. Car une rénovation réussie ne consiste pas forcément à dépenser moins. Elle consiste à dépenser au bon endroit.

Un mur que l’on déplace inutilement, une mauvaise commande ou un chantier mal coordonné peuvent rapidement coûter plus cher que les honoraires que l’on cherchait à économiser.

Finalement, la vraie question n’est peut-être pas :

« Est-ce que ça coûte plus cher de faire appel à une agence ? »

Mais plutôt :

« Combien me coûterait une rénovation mal pensée ? »

À Paris, où chaque mètre carré compte et où un chantier peut vite devenir complexe, c’est souvent là que se trouve la vraie valeur d’un accompagnement.


Les matériaux de demain sont-ils déjà là ?

Et si les matériaux de demain venaient de ce que l’on jette aujourd’hui ?

On parle beaucoup de nouveaux matériaux pour rendre nos intérieurs plus responsables. Mais le plus intéressant n’est peut-être pas de chercher une matière totalement nouvelle : c’est parfois de regarder autrement celles que nous avons déjà sous la main.

Des fibres de lin, des résidus agricoles, du bois, du textile recyclé, du liège ou encore des coproduits agricoles peuvent aujourd’hui entrer dans la fabrication de matériaux pour le bâtiment et l’aménagement intérieur.

« De quoi est-il fait, d’où vient-il et que deviendra-t-il après nous ? »

C’est une question qui nous semble particulièrement intéressante en architecture intérieure. Parce qu’un matériau responsable ne devrait pas seulement être biosourcé ou recyclé. Il devrait aussi être durable, réparable, disponible localement lorsque c’est possible, et suffisamment beau pour que l’on ait envie de le garder longtemps.

Et parfois, le matériau le plus écologique est simplement celui que l’on ne remplace pas.

Un parquet ancien que l’on ponce plutôt que de jeter. Une pierre existante que l’on révèle. Une porte que l’on réemploie ailleurs. Un meuble qui change de fonction.

Le réemploi est d’ailleurs devenu un véritable sujet de la construction : l’ADEME estime que les matériaux de construction représentent près de la moitié de la consommation totale de matières en France.

Chez Ouvrage, cette idée nous parle particulièrement : faire du neuf sans forcément effacer l’ancien.

Il peut simplement être bien pensé, beau, durable et fait pour rester.


Paris > Kyoto > Paris : quatre designers de retour du Japon

Pour la rentrée, on vous recommande un détour par le Musée des Arts Décoratifs. À l’occasion de la Paris Design Week, l’exposition Paris > Kyoto > Paris réunit quatre designers — Nina Fradet, Tony Jouanneau, Felipe Ribon et Marion Vidal — après leur passage à la Villa Kujoyama de Kyoto. Une exposition qui rappelle que l’innovation ne consiste pas toujours à inventer de nouvelles matières. Elle peut aussi naître d’un geste ancien, d’un savoir-faire transmis ou d’une matière que l’on apprend à regarder autrement.

À voir du 10 septembre 2026 au 3 janvier 2027 au Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er.


la team ouvrage

Lucie nous a rejoints en septembre pour un an d’alternance en architecture d’intérieur !

 

Pour commencer, raconte-nous un peu ton parcours : comment es-tu arrivée jusqu’à l’architecture ?

Je suis arrivée à l’architecture grâce à mon père, qui est plombier. En l’accompagnant sur ses chantiers, j’ai découvert de très belles maisons d’architectes sur la côte landaise. J’ai adoré observer leur évolution et voir comment la signature d’un architecte pouvait se retrouver dans des projets pensés pour des familles très différentes.


Qu’est-ce qui t’intéresse le plus en dehors de l’architecture et du design ?

En dehors de l’architecture, je m’intéresse beaucoup au cinéma, autant pour les décors que pour les histoires. J’y vois un vrai parallèle : comme un architecte, un réalisateur injecte son univers et sa manière de voir le monde dans chacun de ses projets.
Un objet, une matière ou une pièce que tu aimerais absolument avoir chez toi ?


Un lieu où tu te sens particulièrement bien ? Et pourquoi ?

Je me sens particulièrement bien dans les canyons des Pyrénées espagnoles, où j’ai travaillé quatre étés. J’aime la beauté brute de ces paysages et cette sensation de se sentir minuscule face à eux, entre contemplation et adrénaline.


Si tu pouvais dîner avec un architecte, un artiste ou un designer, qui choisirais-tu ?

Si je pouvais dîner avec une architecte, je choisirais Lina Bo Bardi. J’aime sa manière de laisser une place à l’appropriation et à l’imprévu. J’aimerais lui demander comment elle trouvait l’équilibre entre ce qu’elle imaginait pour un lieu et ce que les gens allaient finalement en faire.


Et pour finir : qu’est-ce que tu espères découvrir chez Ouvrage ?

Chez Ouvrage, j’espère découvrir la réalité d’un projet en agence, approfondir mon travail sur les matériaux, les détails et les ambiances, gagner en autonomie et trouver progressivement ma place au sein des projets.

L'équipe Mesetys